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Paris


1er au 31 mai 2011
28 septembre au 2 octobre 2011

En quelques heures de vol, on passe de Kuala Lumpur à Paris, de l'Asie à l'Europe, des mets chinois aux confits de canard...! Rentrer à Paris, c'est un peu comme rentrer à la maison... la langue, la bouffe, on s'y sent presque chez nous d'autant plus que c'est la 1ère fois, en 30 vols d'avion depuis les 7 derniers mois, qu'une amie nous attend à l'aéroport.

La Bretagne et la Vallée de la Loire


1er au 27 juin 2011

Après avoir franchi toutes les étapes de l'administration française et avoir exploré quelques sentiers tortueux dont nous vous ferons grâce, nous sommes finalement partis à la découverte de la France avec notre nouvelle maison, notre camping-car Hymer, qu'on a surnommé affectueusement «le bateau» puisqu'on n'avait toujours pas perdu l'habitude de dire, par exemple en fin de journée, «OK, on retourne au bateau... !» Notre première escale... eh oui, l'appel du large... la Bretagne. Après un magnifique mois de mai à travers toute la France, on s'est dit qu'on devrait profiter de cette bonne fenêtre météo pour aller visiter la Bretagne, une région réputée un peu pluvieuse... Sitôt partis, la météo est revenue à la normale et donc, la Bretagne a été à la hauteur de sa réputation quoique nous n'en avons pas trop souffert, juste que les photos sont moins éclatantes et la côte émeraude moins émeraude... Pour le reste, la Bretagne ne nous a pas déçus.

Le Vieux bassin d'Honfleur avec le bâtiment de la Lieutenance en arrière-plan
Première escale, Honfleur. Oui, oui, on sait... Honfleur est en Normandie mais bon, Lucie avait le goût de revoir Honfleur, là ou elle avait terminé dans les années '90 son voyage de vélo en Normandie et Réal de découvrir son vieux port, lieu d'embarquement de Champlain pour ses nombreux voyages au Canada. Magnifique Honfleur ! Le Vieux bassin entouré de bâtiments du 15e et 16e siècle est chargé d'histoire : la lieutenance, l'église Ste-Catherine, les hangars à sel et à un coin de rue, la superbe église St-Étienne et son horloge.

Une petite promenade sur les hauteurs de la ville nous a permis de jouir d'un unique point de vue sur la rade d'Honfleur et aussi de visiter la chapelle Notre-Dame-de-Grâce que les marins ont particulièrement fréquentée. La vierge Marie et sa mère, Sainte-Anne, sont ici vénérées avec ferveur. Sachant que Ste-Anne est la sainte protectrice des marins, on comprend pourquoi ces chapelles sont ornées de leurs statues et de répliques de bateaux sauvés du naufrage grâce à leur secours lors de tempêtes.

C'est à Honfleur qu'on utilisera pour la première fois nos vélos français, tout neufs, achetés à Paris ! En effet, dans tous les vieux quartiers, les camping-cars et souvent aussi les automobiles sont interdits à la circulation car les rues sont trop étroites et le trafic serait trop dense. Ainsi les municipalités (communes) mettent à la disposition des camping-caristes des aires de stationnement et de services (eau potable, vidange des eaux usées et des toilettes) où ils peuvent laisser leur véhicule à proximité des sites touristiques et souvent même dormir, gratuitement ou moyennant quelques euros. Donc, juste quelques coups de pédale et nous voilà au centre-ville en passant par la boulangerie et la pâtisserie bien sûr !!!

Le Mont St-Michel est à la hauteur de sa réputation !
Après Honfleur, on file vers le département de la Manche (département #50... Lucie s'est promise d'apprendre les noms et numéros de tous les départements français d'ici... quelques années !). Premier arrêt, à tout seigneur, tout honneur, le célèbre Mont St-Michel, classé site du patrimoine mondial par l'Unesco. Îlot granitique d'environ 900 m de circonférence et de 80 m de haut, c'est l'évêque d'Avranches, une ville voisine sur la côte, qui y a fait construire le premier oratoire suite à ce que l'Archange St-Michel lui eut apparu trois fois en songe. Le site est devenu rapidement un haut lieu de pélerinage qui voit arriver pêle-mêle, des nobles, des riches bourgeois et des gueux. Les constructions se succèdent du 8e au 19e siècle, abbaye, cloître, église et, bien sûr, au pied du mont, un petit village qui fournissait gîte et couvert à tous ces pèlerins. Aujourd'hui, le site est bien achalandé par les touristes et encore des pèlerins mais cela nous console sachant qu'il en fut toujours de même...

La visite guidée du Mont St-Michel est passionnante : le Grand degré, l'escalier qui conduit à l'abbaye, l'Aumônerie, la salle où étaient accueillis les pèlerins, le cloître, le réfectoire où on mangeait en silence, les cryptes, les salles où on recevait les chevaliers et les nobles etc. Le clou de la visite est sans contredit l'église abbatiale, un mélange d'architecture romane et gothique et un chef d'oeuvre de grâce et de légèreté qu'on surnomme «la Merveille» et qui est surmontée d'une statue dorée de St-Michel-Archange qui brille de tous ses feux au soleil et qui domine toute la baie.

Une promenade sur les remparts du Mont nous offre une belle vue sur cette immense baie du Mont St-Michel bordée par 100 km de côte. À marée basse, elle semble bien inoffensive avec ses kilomètres de sable. Plusieurs pèlerins s'y sont malheureusement noyés car la baie enregistre le record de France des marées avec une amplitude de 14 mètres. Les kilomètres de piquets que l'on aperçoit dans la baie ainsi que les curieux bateaux à roues d'aluminium ne laissent aucun doute sur l'activité locale : la mytiliculture sur bouchots (culture des huîtres)... miam, miam !

Cancale, haut-lieu de mytiliculture... succulentes ces huîtres !
C'est à Cancale, un peu plus à l'ouest sur la côte, dans le département Ille-et-Vilaine #35, juste avant d'arriver à St-Malo que nous avons dégusté ces fameuses huîtres. Une belle balade sur le sentier des Douaniers nous a conduits du bourg en haut où logeaient les «terriens» et les commerçants jusqu'au Port de la Houle, un quartier pittoresque, adossé à la falaise, aux ruelles étroites où vivaient les marins et les pêcheurs. Et le meilleur endroit pour déguster ces huîtres c'est... directement sur le quai où de gentilles dames nous offrent leurs coquillages tout frais pêchés. Allez, pour 4 euros, un plateau d'une douzaine d'huîtres et un citron qu'on déguste sur un banc du port en regardant la mer ! Plaisir garanti... à condition d'aimer les huîtres bien sûr (ce qui est notre cas)... ! À cause de la saison, la dame nous explique que les huîtres auront un goût plus iodé qu'habituellement et c'est effectivement le cas... délicieuses, un régal ! En ville, les restos font bien sûr des huîtres et des fruits de mer leur spécialité; ainsi, on a pu aussi découvrir l'huître «pied de cheval», une variété qu'on ne retrouve qu'autour de Cancale; dotée d'une carapace très dure, il faut un outil spécial pour l'ouvrir, on dirait une barre à clou !!! Quant au goût, semblable à ce qu'on venait de manger au quai mais une chair plus ferme qui invite à croquer au lieu d'avaler d'un coup !

De Cancale à St-Malo, c'est la Côte d'émeraude, un rivage très découpé des falaises, des criques, de nombreuses petites chapelles et une mer émeraude... sous le soleil, ce qui n'est pas notre cas. Il vente fort, le temps est gris mais au moins il ne pleut pas, on se croirait en automne; cela ne nous empêche pas d'admirer le paysage et d'y faire de belles balades mais on repassera pour la couleur émeraude... !

Le manoir de Jacques Cartier près de St-Malo
Juste avant d'entrer à St-Malo, on se laisse attirer par le Musée-Manoir de Jacques Cartier, la ferme où Jacques Cartier s'est retiré après tous ses voyages au Canada. Cette maison du 15e siècle a été restaurée et meublée selon le style de l'époque. Fait insolite... Jacques Cartier ayant succombé à une maladie contagieuse inconnue, on a brûlé tous ses biens de sorte qu'il ne reste aujourd'hui que très peu de choses de Jacques Cartier à part cette maison. Intéressant donc de visiter le manoir mais aussi d'assister à la présentation audio-visuelle relatant non seulement les voyages de Jacques Cartier mais aussi les hauts faits des explorateurs et coureurs des bois en Nouvelle-France tels Jolliet, Radisson, Des Groseillers, La Vérendrye etc. On se revoyait à la petite école avec nos manuels d'histoire du Canada !

À St-Malo beau port de mer... !!!
Réal était déjà allé à St-Malo en 1987 mais il n'avait pu entrer à l'intérieur des remparts, la ville venait d'être dévastée par la pire tempête du siècle; tous les bateaux dans le port avaient coulé (seul un catamaran flottait encore, preuve de leur insubmersibilité) et des bâtiments menaçaient de s'effondrer dans la vieille ville. Heureusement, en 2011, St-Malo s'est offerte à nous sous son meilleur jour et nous avons été conquis ! Le château, la Cathédrale St-Vincent, la Place Chateaubriand (oui, il était malouin d'origine et y est enterré), la Place du pilori, les résidences des riches armateurs et des corsaires du 18e siècle, les îles du Petit-Bé et du Grand-Bé, le port, la promenade sur les remparts qui entourent toute la ville. St-Malo est une cité fière et a bien raison de l'être, surtout quand on sait que la ville a été entièrement détruite en août 1944 durant la guerre puis reconstruite pierre par pierre pour lui redonner son caractère d'antan.

Dinan, un bijou !
St-Malo est situé à l'embouchure de l'estuaire de la Rance. À l'autre bout de l'estuaire, on découvre un bijou, Dinan, à l'entrée du département Côte d'Armor (#22): là aussi une vieille ville ceinturée de remparts et un château qui semble toujours la défendre. Égayée d'arbres et de jardins, la cité se dresse sur le bord escarpé d'un plateau qui domine la Rance et son petit port de plaisance. Une promenade à pied dans les rues de Dinan nous permet d'admirer un grand nombre de vieilles maisons à pans de bois bâties au Moyen-Âge et remarquablement restaurées. La Tour de l'Horloge, la Place des Merciers, l'église St-Malo, la Basilique St-Sauveur, la Maison du Gouverneur, la Place et le Couvent des cordeliers, la rue des Cordonniers, la rue du Petit-Pain, la rue Jerzual... que du bonheur ! Dinan, toute une surprise !

De l'autre côté de la Rance, Dinard est tout à l'opposée de sa voisine d'en face, St-Malo : une vieille cité resserrée dans ses remparts et port de commerce alors que Dinard s'étire le long de la côte parsemée de villas luxueuses, de stations balnéaires mondaines, de promenades et de parcs splendides. Dinard fut même surnommé au 19e siècle, la «Nice du nord». Il n'en faut pas plus pour sauter sur nos vélos et se délier les jambes sur la promenade en bord de mer, en mettant parfois pied à terre car le sentier étroit par endroit ne tolèrerait aucune distraction... tant mieux, nous avons encore plus le temps d'admirer le paysage et ces immenses villas qui surplombent la falaise au-dessus de nos têtes.

Fort la Latte, vestige du 14e siècle
Nous poursuivons notre route vers l'ouest pour atteindre le Fort la Latte et le Cap Fréhel. Le fort, qui date du 14e siècle, a conservé son aspect féodal et occupe un site spectaculaire près du Cap. Tout y est : les ponts-levis, le donjon, la tour, le four à rougir les boulets, les canons et même la châtelaine qui nous fait visiter les lieux. À deux pas de là, le Cap Fréhel est sensé nous offrir un panorama spectaculaire... la brume nous empêche cependant d'en jouir pleinement.

Paimpol, autrefois un port de grande pêche (la morue), est maintenant plus tournée vers la navigation de plaisance. Le bassin, au coeur de la ville, est entouré de terrasses animées et petites boutiques où il fait bon flaner. Il y a aussi à proximité l'abbaye de Beauport, fondée au 13e siècle, qui nous donne un autre prétexte pour faire une autre agréable balade à vélo.

Une des nombreuses criques de l'île de Bréhat
Malgré une météo incertaine et un petit temps gris, on ne peut manquer la visite sur l'île de Bréhat près de Paimpol. Cette petite île aux rochers roses, aux maisons fleuries et aux criques asséchées à marée basse, ne se visite qu'à pied ou à vélo, les autos y sont interdites, quel bonheur ! Un traversier nous y amène de bon matin et on passe la journée à l'arpenter en tout sens. L'île est réputée pour ses maisons fleuries et ses habitants amoureux du calme et de la nature. On a du mal à imaginer qu'elle fut au 19e siècle un repère pour les corsaires et que les ailes des moulins ont servi de potence aux anglais pour pendre les bréhatins au 14e siècle !

Le sentier des douaniers, en bord de mer, qui relie Perros-Guirec et Ploumanach serpente parmi des rochers de granit rose aux formes tout aussi surprenantes les unes que les autres : la tortue, le lapin et la bouteille, pour ne nommer que ceux-là !

C'est l'occasion d'une agréable promenade en bord de mer, le tout sous un soleil radieux !

Les fameux enclos paroissiaux typiques des bourgs bretons
Le temps file rapidement, on se rend compte qu'il faut faire des choix, on ne pourra pas faire tout le tour de la Bretagne. Compte tenu du temps un peu maussade en bord de mer, on décide de remettre à une autre fois notre visite à l'île d'Ouessant réputée magnifique... on veut la voir sous son meilleur jour... On prend donc un raccourci vers le sud et le Finistère (#29) et on en profite pour visiter les «enclos paroissiaux» les plus réputés soit ceux de St-Thégonnec et Guimiliau. Mais au fait, c'est quoi des «enclos paroissiaux» ? Ce sont les ensembles de monuments les plus typiques que l'on rencontre dans les bourgs bretons. Autour de l'église, dans l'espace clos du cimetière, on retrouve généralement un ossuaire, un calvaire avec une multitude de personnages, une sacristie extérieure et souvent une porte d'entrée surmontée d'un arc «triomphal». «Réalisation originale de l'art breton, les enclos paroissiaux sont d'une richesse incroyable. Très spectaculaires, ils séduisent par l'élégance des portes triomphales et des ossuaires, la profusion de détails des calvaires, la splendeur des retables et des décors polychromes des églises. Ils témoignent de la ferveur religieuse et de la prospérité des ports bretons du 15e au 17e siècle».

Quimper, un charme indéniable

Plus au sud, les flèches de la cathédrale St-Corentin jaillissent au coeur de l'ancienne capitale de la Cornouaille, Quimper. Elles protègent d'étroites venelles bordées de maisons Renaissance à colombages, on se croirait revenu quelques centaines d'années en arrière !

La vieille ville, piétonne, s'étend entre la Steir et l'Odet; les canaux, petits ponts fleuris ajoutent à son charme déjà indéniable

Un géant des mers à la Cité de la voile Éric Tabarly à Lorient

À la Cité de la voile Éric Tabarly à Lorient, c'est très excitant d'aller admirer ces géants de la mer que sont les grands catamarans de course au large. Nous avons eu la chance d'y voir le plus grand catamaran au monde, tout droit sorti du chantier quelques jours auparavant. Le complexe de la Cité de la voile, qui fut durant la Seconde guerre mondiale une base de sous-marins allemands, abrite de nombreuses expositions traitant de la voile de plaisance et de compétition : passionnant !

Architecture typique bretonne à Vannes
À Vannes, on entre dans le département du Morbihan (#52). Entourée de remparts et très visitée pour son patrimoine architectural, la vieille ville de Vannes se déploie autour de la magnifique cathédrale St-Pierre érigée du 13e au 19e siècle. On s'arrête aussi à la Place Henri IV et à la Place des Lices, qui ont su conserver leurs jolies maisons à pignons du 16e siècle. La porte St-Vincent s'ouvre sur le port de plaisance bordé d'un agréable parc où il fait bon pique-niquer.

La fameuse fleur de sel de Guérande... miam miam !!!
Notre route se poursuit et on s'arrête à la presqu'île de Guérande en Loire-Atlantique (#44), célèbre pour son sel de très grande qualité. Dur, dur pour les artères, le beurre au sel de Guérande mais... mon Dieu que c'est bon, presque aussi bon que du fromage selon Lucie ! Les cristaux de sel du beurre breton croquent sous la dent et le goût fin de la fleur de sel explose sur nos papilles, à notre plus grand plaisir. Petit clin d'oeil à l'histoire : on apprend que si les bretons aiment bien leur beurre salé c'est qu'ils n'étaient pas soumis au Moyen-Âge aux importantes taxes que les autres français devaient payer sur le sel; en effet, Anne de Bretagne avait accepté d'intégrer la France à condition que les bretons ne soient pas soumis à cette taxe. C'est pourquoi on retrouve souvent dans les épiceries françaises du beurre non salé ce qui n'est pas le cas en Bretagne. Une balade sur la presqu'île nous permet d'observer les marais salants qui s'étendent sur plus de 2 000 hectares. La ville de Guérande quant à elle est entourée de remparts et a conservé tout son charme.

À marée basse, les bateaux se prélassent
près du pont de St-Nazaire sur la Loire
En route vers St-Michel-Chef-Chef magnifiquement situé en bord de mer, on traverse la Loire sur le fameux pont qui relie St-Nazaire et St-Brevin; construit en 1975, il s'élève à 61m et a 3,4 km de long, assez impressionnant ! À St-Michel-Chef-Chef, nous avions rendez-vous avec nos amis français, Françoise, Philippe et leur fils Matis avec qui nous avions partagé de bien beaux moments de voyage au Myanmar et en Thaïlande. Quel plaisir que de les retrouver ! Ils nous hébergent gracieusement sur leur terrain de camping. La haute saison de camping n'est pas encore débutée, on a donc le temps de placoter et d'échanger sur nos voyages respectifs. On les quitte à regret mais en se disant que ce n'est qu'un au revoir.

Tombeau de François II et de sa femme Marguerite de Foix à Nantes
Il faut déjà amorcer le retour vers Paris mais en route nous ferons quelques arrêts, le premier à Nantes.
Nantes, 6e ville de France et capitale historique des ducs de Bretagne, est réputée pour sa douceur de vivre.L'imposante cathédrale Saint-Pierre-et-St-Paul commencée en 1434 présente plusieurs particularités intéressantes : d'abord le tuffeau, une pierre blanche, remplace le granit des autres cathédrales bretonnes ce qui lui donne une allure moins austère, plus légère. Une chaire extérieure finement sculptée ajoute aussi de l'intérêt à la façade dominée par la statue de St-Pierre. L'extérieur est donc magnifique mais l'oeuvre maîtresse de la cathédrale et l'une des grandes productions de la Renaissance, c'est le tombeau de François II et de sa femme, Marguerite de Foix. Signalons que le tribunal révolutionnaire avait ordonné la démolition de cette oeuvre magistrale mais, heureusement pour nous, l'architecte avait réussi à cacher les différentes pièces du monument chez des amis. Pour les amateurs d'art, en voici donc une description sommaire : «Le duc et la duchesse sont couchés sur une dalle de marbre noir fermant le tombeau de marbre blanc. Le lion couché aux pieds du duc est l'emblème de la Puissance; le lévrier de Marguerite, celui de la Fidélité. Les anges qui soutiennent leur tête représentent l'accueil céleste. Les autres, plus grands personnifient les vertus cardinales : la Justice (couronne en tête et glaive en main) et la Force (casque, armure, arrachant un dragon d'une tour) reviennent au duc; la Prudence (vertu qui s'inspire du passé pour envisager l'avenir a deux visages : une jeune fille au miroir et un vieillard) et la Tempérance ( tient un mors rappelant la retenue des passions et une horloge qui symbolise la mesure). Ce magnifique ensemble est éclairé par une verrière moderne haute de 25m.»
Le Château des ducs de Bretagne est un autre incontournable de la ville de Nantes. Ses forteresses et ses remparts ont vu défiler maints ducs et rois de France. «À l'époque du duc François II (1435-1488), le train de vie y est royal : 5 ministres, 17 chambellans, une foule de domestiques, une cour fastueuse aux moeurs très libres. Sa fille, Anne de Bretagne, a poursuivi les travaux de construction du château.»

Château d'Ussé, vallée de la Loire
Non rassasié des châteaux, nos prochains deux arrêts sont consacrés aux châteaux de la Loire : Ussé et Villandry. Le Château d'Ussé n'est pas le plus grand ni le plus connu mais il a un charme bien particulier : avec ses nombreuses tourelles, c'est celui qui a inspiré le conte «La Belle au bois dormant». Entièrement meublé, il donne une bonne idée de ce qu'était la vie de ses riches habitants aux siècles derniers.

Château de Villandry, vallée de la Loire
Le Château de Villandry est quant à lui célèbre pour ses jardins. Achevé vers 1536, c'est le dernier des grands châteaux bâti sur les bords de la Loire à l'époque de la Renaissance. Le Jardin d'Ornement est sans contredit le jardin le plus spectaculaire. Il se trouve au dessus du potager et constitue la prolongation des salons du château. Le Jardin d'Eau, d'inspiration classique, centré autour d'un grande pièce d'eau en forme de miroir Louis XV, est entouré d'un cloître de tilleuls; c'est l'endroit idéal pour se reposer et méditer. Le Jardin des Simples est le jardin traditionnel du Moyen-Âge consacré aux herbes aromatiques, condimentaires et médicinales. Autre particularité de Villandry, le labyrinthe est d'inspiration chrétienne; contrairement au labyrinthe grec, il ne présente pas de voies sans issues et le but du visiteur n'est pas de trouver une sortie mais de s'élever humainement et spirituellement en atteignant la jolie cabane centrale. Quelques informations pour ceux et celles que le jardinage intéresse : les 1200 tilleuls du domaine nécessitent chaque hiver une taille qui dure 3 mois; depuis 2009, les jardiniers ont ré-instauré un entretien «bio» du potager qui donne d'excellents résultats; les buis représentent une longueur cumulée de 52 km; 25 000 plants de fleurs et légumes dont 50% sont préparés dans les serres du château.

On manque de temps pour les autres châteaux de la Loire, on garde les autres pour une prochaine fois... ! On ne peut toutefois pas passer à côté de Chartres sans s'y arrêter. Malgré ses travaux de rénovation, la cathédrale de Chartres en impose !

Très saisissante aussi la vision des pèlerins de tout âge qui marchent lentement, au fil de leurs prières, en suivant le labyrinthe tracé sur le sol de la cathédrale; c'est l'aboutissement d'un long pèlerinage pour eux... Quelle démonstration de foi !


Nous rentrons à Paris juste à temps pour participer à la fête de la rue «Villa Simone Bigot» qui nous héberge : belle occasion pour rencontrer le voisinage et jouir, encore une fois, de l'accueil chaleureux des cousins français. Nombreux sont ceux qui ont déjà visité le Québec; étonnant de les entendre réciter par coeur tous les noms des villages de Gaspésie et de la Basse côte nord ! Le lendemain, on souligne  l'anniversaire de Papi, le père de Delphine.



Une dernière petite visite à Paris dans les jardins du Musée Rodin... magnifique... puis un long dîner en compagnie de nos amis québécois Madeleine et André qui sont en visite à Paris.

Et voilà, nous sommes déjà le 27 juin, on embarque sur Air Transat pour voler jusqu'à Montréal et profiter d'un séjour de 3 mois parmi les nôtres qu'on a pas vus depuis 4 ans.

Les Châteaux de la Loire : Chambord, Cheverny, Chenonceau, Loches, Amboise et Azay-le-Rideau

1er au 31 octobre 2011

De retour du Québec où nous avons eu un merveilleux séjour de 3 mois avec la famille et les amis, on s'empresse de se présenter à l'Office de l'immigration à Paris pour compléter les formalités associées au visa de long séjour qu'on a obtenu au Québec du Consulat français. Évidemment, il reste bien quelques démarches à faire et quelques euros à débourser pour obtenir ce fameux «Titre de séjour»... on vous convoquera d'ici un mois nous dit-on pour une visite médicale... Bon, il ne faudra donc pas trop s'éloigner de Paris puisqu'il faudra y revenir... On décide donc de poursuivre notre tournée des Châteaux de Loire. C'est un bon choix, l'automne est encore jeune, il fait doux, les couleurs sont magnifiques et les touristes sont tous retournés au boulot!

Le Château de Chambord
Premier arrêt : Chambord. Quand on a vu Chambord une fois, on ne peut l'oublier. Ce sont d'abord ses dizaines de cheminées et tourelles qui s'élancent de tous les toits dans un apparent désordre qui attirent d'abord notre regard. Son architecture est malgré tout très symétrique : à l'image d'une forteresse médiévale, un donjon central flanqué de 4 immenses tours, deux ailes et une enceinte clôturant le tout. Au centre du donjon, s'élève le célèbre escalier à double vis qui dessert les trois étages du château. Deux personnes empruntant chacune une volée d'escalier peuvent s'apercevoir par les ouvertures mais ne se rencontrent jamais !

Escalier à double vis de Chambord, architecte probable : De Vinci
François 1er n'a que 25 ans lorsqu'il lance l'immense chantier de Chambord. D'abord voulu comme un relais de chasse, Chambord est la synthèse des formes des siècles passés et de la nouvelle architecture de la Renaissance italienne. On dit que c'est le château de la démesure : 156 m long, 77 escaliers, 282 cheminées et 426 pièces. Comme pour tous les châteaux de Val de Loire, on a surtout utilisé le tuffeau pour sa construction; toutefois, c'est à Chambord que cette pierre calcaire abondante dans la région, tendre et fragile a été travaillée avec le plus de virtuosité.

Finalement, François 1er ne séjournera que 72 jours en 32 ans de règne. Il ne verra pas l'achèvement de son œuvre. Henri II, son fils et aussi un certain Louis XIV, des rois également passionnés de chasse donneront à Chambord l'allure qu'on lui connaît aujourd'hui.

Le Château de Cheverny
Et puis ce fut Cheverny... vous connaissez Cheverny ? Non ? Détrompez-vous... si vous avez lu Tintin dans votre enfance, vous le reconnaitrez, c'est le château qui a inspiré Hergé pour créer Moulinsart, le célèbre château de l'album des «Bijoux de la Castafiore». Le domaine appartient à la même famille depuis plus de 6 siècles, les Hurault, famille de financiers et d'officiers. Encore aujourd'hui, un partie du château est habitée par la famille. Ses pièces les plus remarquables sont la salle d'armes et la chambre du roi. 

Salle d'armes de Cheverny
On dit qu'au 19e siècle, la transformation en salle d'armes des plus grandes pièces des châteaux seigneuriaux répondait à un goût très prononcé pour le romantisme et la chevalerie. On y retrouve une magnifique tapisserie des Gobelins du 17e, des armes et armures, lances et pics, de très beaux fauteuils Régence, une malle recouverte de cuir de Cordoue ayant appartenu à Henri IV et qui pèse 70 kg vide !

Quant à la chambre du roi, elle était réservée au roi et aux invités de marque. Les tableaux peints sur le plafond à caissons sont tirés de la mythologie. Sur les murs, une collection de tapisseries réalisées vers 1640 par les Ateliers de Paris qui précédèrent les Gobelins. Le lit à baldaquin est recouvert de broderies persanes du 16e siècle. Une série de fauteuils Louis XIV recouverts de tapissseries d'Aubusson sont aussi exceptionnels.

Le saviez-vous ? À l'époque, on dormait assis car la position couchée était réservée aux morts et on avait également peur d'avaler sa langue. Le baldaquin et les tapisseries servaient à conserver la chaleur. Le lit est un signe ostensible de richesse. Il repose sur une estrade dans le but de le mettre en valeur mais aussi de l'isoler de l'humidité.

Le chiens de chasse de Cheverny

Cheverny est également un domaine de chasse réputé.

Son chenil abrite une centaine de chiens français tricolores. Son parc à l'anglaise est également magnifique; séquoias, tilleuls et cèdres gigantesques affichent avec fierté leur âge vénérable.

Château de Chenonceau sur le Cher
Au tour de Chenonceau, un autre chef-d'oeuvre de la Renaissance! Lui aussi on le reconnaît facilement avec son immense galerie couverte qui enjambe le Cher.

On le surnomme «le château des Dames» car plusieurs femmes célèbres l'ont habité dont Diane de Poitiers et Catherine de Médicis. Chaque pièce est richement décorée : tapisseries, peintures, bronzes et meubles d'époque sont tous exceptionnels. Curieusement toutefois ce dont on se rappelle le plus de Chenonceau, ce sont ses somptueuses décorations fleurales et ses cuisines ! Chaque pièce est en effet décorée d'un magnifique bouquet de fleurs coupées ce qui ajoute à la beauté et au raffinement des lieux.

Quant aux cuisines, situées dans les piliers du pont, elles sont spectaculaires! Jamais vu une telle collection de casseroles en cuivre sans parler de l'immense poêle à bois en fonte noire.

Deux grands jardins «à la française» jouxtent le château. Celui de Diane de Poitiers est tout en élégance et légèreté alors que celui de Catherine de Médicis est plus intime. Les jardins du château exigent la culture de plus de 130 000 plants de fleurs annuellement, pas surprenant que nous ayons été envoûtés par ceux-ci! Le potager est également remarquable. Les jardiniers y cultivent une centaine de variétés de fleurs à couper, plus de 400 pieds de rosiers et de nombreuses variétés de légumes, certaines de collection.

Enfin, pour les amateurs d'histoire, disons que durant la Seconde guerre mondiale, le Cher, sur lequel est bâti Chenonceau, matérialisait la ligne de démarcation. Ainsi, l'entrée du Château se trouvait en zone occupée alors que la porte sud de la galerie donnait accès à la zone libre ce qui a permis à la Résistance de faire passer de nombreuses personnes en zone libre. Durant toute la guerre, une batterie allemande se tenait prête à détruire le château à tout moment... heureusement que ce ne fut pas le cas !

Chenonceau, une visite vraiment exceptionnelle et aussi un accueil très chaleureux dans la commune. On nous a permis de stationner pendant 3 jours presque à la porte du château, en attendant que le soleil revienne pour qu'on puisse jouir des plus belles vues du château. Un beau tour de vélo dans la campagne environnante nous a aussi enchantés! Nous en sommes revenus les paniers plein de succulents raisins qui avaient été laissés sur les vignes... menoum, menoum !!!

La Cité royale de Loches
Loches, la Cité royale et le Donjon. Retournons au Moyen-Âge. La cité royale de Loches est construite sur un éperon rocheux et occupe une place stratégique de premier ordre. La ville est protégée par une triple enceinte; la pointe sud est renforcée par le donjon tandis que le logis royal domine la pointe nord. Ici aussi des femmes ont laissé leur marque.  Jeanne d'Arc y rencontra Charles VII et le convainquit de se rendre à Reims afin d'y être sacré roi de France. Agnès de Sorel y vécut et son tombeau y est conservé. Première maîtresse du roi Charles VII et d'une grande beauté, elle exerça une grande influence sur le roi; à 25 ans, elle meurt d'un étrange flux au ventre. Anne de Bretagne y séjourna également; un Oratoire, construit pour elle en 1500 est un chef-d'oeuvre de style gothique flamboyant.

Donjon de Loches

Le donjon quant à lui date du XIe siècle. Il est tout à fait conforme à l'idée qu'on se fait d'un donjon médiéval : une salle de gardes, une salle des supplices, des cachots, de nombreux couloirs souterrains, une barbacane, une terrasse destinés à recevoir les pièces d'artillerie etc.

Loches, c'est aussi une très belle ville fleurie où il est très agréable de se balader.


Petite pause dans nos visites de châteaux, on va se balader par une très belle journée d'automne dans le Zoo de Beauval, le plus beau zoo de la France, un parc animalier hébergeant 4 600 animaux (400 espèces). Ceux qu'on a aimés le plus ? Les tigres et lions blancs, toujours impressionnants ces fauves. Les primates sont toujours aussi fascinants... du minuscule ouistiti si espiègle en passant par les lémuriens, les chimpanzés, les macaques et les orangs-outans et les gorilles...la question demeure, l'homme descend-il du singe ?

Les okapis sont originaires du Congo


Bien sûr, les girafes sont toujours aussi belles mais il y a aussi son cousin, l'okapi originaire du Congo. Animal au long cou à la fourrure de velours rasé et aux fesses finement rayées, il marche gracieusement comme un cheval à l'amble (patte avant et arrière du même côté). Il nous a aussi fait grand plaisir de revoir les mignons koalas et nos chers kangourous d'Australie... que de souvenirs!

Le Zoo de Beauval nous fait passer tellement une belle journée avec toute cette superbe faune qu'on parvient presque à oublier que ces animaux sont privés de leur liberté... dur, dur d'avoir des principes...!

Château d'Amboise sur la Loire
Le château d'Amboise et celui de Clos Lucé. quelle paire ils font ces deux-là!

Présentons d'abord d'Amboise. Le château qui date du 15e siècle a passé du style gothique flamboyant (Charles VIII – Louis XII) au style Renaissance (François 1er... oui encore lui... vous vous rappelez Chambord ?). D'abord un château seigneurial, il est bâti en pleine ville, sur le bord de la Loire. Ce haut lieu de l'histoire de France possède une exceptionnelle collection de mobilier gothique et Renaissance qui témoigne du raffinement artistique de la Cour et du nombre de lettrés et d'artistes européens qui ont séjourné à Amboise à l'invitation des souverains. Le plus illustre est bien entendu Léonard De Vinci dont la dépouille repose dans la chapelle du château.

Char d'assaut version De Vinci
C'est à l'invitation de François 1er que De Vinci viendra s'installer à Amboise, au château Clos Lucé, en 1516; il avait alors 64 ans et le roi, 22 ans. On dit d'ailleurs que François 1er considérait de Vinci un peu comme son père. Léonard vivra les trois dernières années de sa vie à Clos Lucé et y travaillera sans relâche à de nombreux projets pour le roi (dessin et enseignement notamment dans le domaine des canaux, de l'urbanisme et de l'architecture). Il aurait aussi imaginé plusieurs divertissements pour le roi. En effet, ce dernier entendait introduire la courtoisie dans le mœurs des nobles; il ouvre donc sa Cour aux femmes et organise de multiples divertissements et fêtes.
La résidence de De Vinci, le château Clos Lucé est très intéressant à y visiter. On y expose une quarantaine de maquettes réalisées à partir des dessins faits par de Vinci : il y a 500 ans, de Vinci avait déjà imaginé l'aéroplane, l'automobile, l'hélicoptère, le char d'assaut et le parachute ! On se balade aussi dans le parc du château où sont suspendues d'immenses toiles des peintures et dessins de de Vinci et on y entend les réflexions de Léonard sur la botanique, le corps humain, le vol ou le portrait, l'effet est saisissant ! Un dernier clin d'oeil de Léonard... un peu partout dans le château, on a affiché des citations de De Vinci; en voici quelques unes pour votre réflexion :
  • Ne pas estimer la vie, toute la vie, c'est ne pas la mériter.
  • Quand je croirai apprendre à vivre, j'apprendrai à mourir.
  • La passion intellectuelle met en fuite la sensualité.
  • Une journée bien remplie donne un bon sommeil; une vie bien remplie donne une mort tranquille.
  • Ne pas prévoir, c'est déjà gémir.
  • La nature n'enfreint jamais ses propres lois.
  • Qui peut arrêter la haine, sauf l'amour.
  • L'amour triomphe de tout.
  • Je crois que le bonheur nait aux hommes là où l'on trouve du bon vin.
  • Le mouvement est la cause de toute vie.
  • Veux-tu rester en bonne santé, suis ce régime : ne mange point sans en avoir envie.
Cette visite de Clos Lucé nous présente De Vinci, le génie mais aussi l'homme, fascinant !

En route pour Azay-le-Rideau, on s'arrête à Tours question de faire quelques courses, notamment l'achat d'un téléviseur... pas tant pour la télé mais surtout pour pouvoir regarder films, spectacles, vidéos et photos sur un grand écran... Réal en rêvait depuis longtemps de son «grand» écran! Évidemment, dans un camping-car, on ne pense pas installer un cinéma maison mais nous avons trouvé un coin pour installer une télé 32 pouces... toute une différence avec la 16 po d'origine du camping-car ou nos écrans d'ordi de 13 ou 17 pouces! Quel beau spectacle! Quelles belles soirées en perspective!

Vieux quartier de Tours
Tant qu'à être à Tours, on en profite pour faire... un tour de ville! Le vieux quartier piétonnier de Plumereau présente un ensemble de maisons médiévales à pans de bois assez unique. Il y a aussi la cathédrale St-Gatien, imposante malgré le fait qu'elle soit coincée entre plusieurs édifices. Il faut aussi dire que Tours, la capitale de la Touraine, se vante d'être une cité gourmande. Région vinicole réputée pour ses vins blancs (Vouvray et Montlouis) et ses fameux rouges (Chinon, Bourgeuil et St-Nicolas), elle offre aussi de nombreuses spécialités gastronomiques : rillettes, andouillettes, foie gras fromage de chèvre et j'en passe!

Château Azay-le-Rideau sur l'Indre
À quelques km à l'ouest de Tours, sur l'Indre, on rejoint le château Azay-le-Rideau. Le temps maussade ne lui rend probablement pas justice mais on retient quand même la superbe allée d'arbres qui nous mène au château et sa situation sur l'Indre qui nous offre un superbe réflexion dans l'eau pour les photos. Quant aux pièces du château, elles ne sont pas meublées avec autant de richesse qu'à Chenonceau ou Chambord; le faible éclairage fait aussi en sorte qu'on ne peut les apprécier à leur juste valeur.

Par contre, on fait étape près du château et on découvre là un village fort intéressant : Villaines-les-rochers, la capitale de la vannerie! Plus de 70 des 300 artisans vanniers qui restent en France y travaillent. Un parcours pédestre de 5km dans la commune et dans la campagne environnante nous présente le métier de vannier et aussi la culture de l'osier, la matière première qui pousse très bien dans cette région. De plus, on y découvre de nombreuses maisons troglodytes, la plupart des familles y logeant au 18e et 19e siècle. La plupart des vanniers sont regroupés dans une coopérative et fabriquent des pièces traditionnelles : mobilier, plats, plateaux, corbeilles, etc. Par contre, nous avons rencontré une artisane qui produisait des pièces plus artistiques que nous avons bien aimées. Voici son site internet si jamais la vannerie vous intéresse : http://www.romand-art.fr

Nous remontons sur Paris pour rencontrer l'Office d'immigration et, espérons-le finaliser les formalités reliées au fameux visa de long séjour mais on y apprend qu'il faudra encore patienter 15 jours...! En 7 ans de voyage autour du monde, la France gagne largement la palme dans le dossier des formalités de séjour! Mais bon, on leur pardonne aux cousins, ils ont tellement un beau pays et on comprend aussi les problèmes qu'ils ont avec l'immigration...

En Seine-et-Marne : Barbizon, Fontainebleau, Provins et Moret-sur-Loing


4 au 16 novembre 2011

Sur la grande rue de Barbizon, des reproductions en
mosaïque de toiles ; ici,  l'Angélus de Millet
Nous voici en novembre, il y a un mois que nous sommes rentrés du Canada et nous sommes toujours en attente de la fameuse vignette qui validera notre visa de long séjour en France... on nous la promet pour le 15 novembre, prenons notre mal en patience, il y a pire !!! Heureusement pour nous, l'automne est encore beau dans les environs de Paris, 12-15 C, dans le jour, encore des feuilles aux arbres et de belles journées ensoleillées. De toute façon, au sud, ils ont des pluies torrentielles, les cours d'eau débordent, nous sommes mieux ici finalement...

En attendant, des amis français nous conseillent d'aller se balader autour de Fontainebleau à 60km au sud-est de Paris. Par hasard, notre premier arrêt est à Barbizon, à quelques km au nord de Fontainebleau. On y découvre avec ravissement une petite commune toute dédiée aux arts et à la peinture. C'est en effet à Barbizon que des peintres tels Jean-François Millet, Théodore Rousseau et Jean-Baptiste Corot ont élu domicile autour des années 1850 pour y peindre la nature, les paysans et la campagne. Merveilleusement bien située, en bordure de la forêt de Fontainebleau, Barbizon regorge de sujets intéressants et des peintres de toute l'Europe y viendront et contribueront à y fonder l'École de Barbizon réunissant des peintres paysagistes. Après la révolution, finies les peintures illustrant les rois et la noblesse et puis, Paris est insalubre, il ne fait pas bon y vivre. Les peintres se tournent vers la nature et apprécient la vie simple et pure de la campagne. «C'est à pied qu'ils arrivent de Paris... tout les y ravit : le jeu de la lumière dans les sous-bois, les teintes sombres des futaies, les étangs, les ciels orageux, les variations de la nature au gré des saisons, ou de la journée... Chevalet au dos, ils désertent les ateliers et partent en plaine, en forêt surprendre la nature chez elle.» Millet peindra à Barbizon ses plus grandes œuvres : L'Angélus et Les glaneuses. Il y passera les dernières années de sa vie et y est enterré.

Couleurs d'automne à Barbizon
Aujourd'hui, Barbizon a gardé son charme campagnard avec ses maisons cossues en pierre couvertes de lierre, ses jardins de roses et surtout avec la magnifique forêt de Fontainebleau qui la jouxte et qui a inspiré tous ces peintres. Il fait bon maintenant y marcher et, à notre tour, se sentir artiste et croquer en photo un rayon de soleil, un grand chêne ou un minuscule champignon.

Château Vaux-le-Vicomte
La très gentille dame de l'Office de tourisme de Barbizon nous recommande de plus d'aller visiter le Château de Vaux-le-Vicomte à une quinzaine de km de Barbizon. Encore un château... nous sommes un peu perplexe... nous en avons vu pas mal en Val de Loire... Oui, mais il est très beau et en plus, ce dimanche, c'est la Fête du chocolat au château... Oups, nos estomacs frémissent, notre palais s'en délecte à l'avance... Allez, nous irons au château dimanche... et nous ne l'avons pas regretté ! Jamais vu autant de chocolat ! Tous les grands chocolatiers de Paris et de la région s'y sont donné rendez-vous et offrent leurs produits à la dégustation... miam, miam, on oublie la balance, demain le régime ! C'est du sérieux le chocolat... autant que le vin ou presque... ! Il y a aussi une intéressante conférence sur l'accord chocolat-vin, avec dégustation, bien sûr ! En passant, on y apprend qu'il n'est plus de mise de servir du champagne au dessert; auparavant les champagnes étaient sucrés ce qui n'est plus le cas maintenant, ils sont plus acides et se marient moins bien aux desserts.

Après avoir réussi (avec beaucoup de mal) à nous extirper des zones «chocolat», nous avons fait la visite du château et de ses jardins. Vaux-le-Vicomte, château de Nicolas Fouquet, Surintendant des finances de Louis XIV, est un chef d'oeuvre de modernité et d'élégance qu'aucune demeure royale n'était à même de rivaliser au 17e siècle. C'est d'ailleurs ce qui valut à Fouquet sa perte. Colbert manigança et convainquit Louis XIV de la malhonnêteté de Fouquet à son endroit. Ébloui par tant de fastes, le jeune Roi Soleil fit emprisonner à vie son ministre qui lui faisait tant d'ombre et s'inspira de Vaux-le-Vicomte pour construire son château de Versailles.

Château de Fontainebleau
On laisse passer deux journées maussades et on attaque le Château de Fontainebleau de bon matin. Bien nous en fit ! Avec plus de 1500 pièces déployées au cœur de 130 hectares de parc et jardins, Fontainebleau est le seul château royal et impérial habité continuellement pendant sept siècles. Lieu de résidence et de réception des rois et des empereurs depuis le 12e siècle, Fontainebleau a été sans cesse rénové et agrandi selon les goûts du jour. François 1er (encore lui !), Henri IV et Napoléon Bonaparte y ont particulièrement laissé leur empreinte. C'est d'ailleurs au pied de grand escalier de la façade du château que Napoléon adressa ses adieux à ses troupes avant d'être exilé à l'île d'Elbe.
Grande galerie de Fontainebleau
Tel qu'on le visite aujourd'hui, le château de Fontainebleau se présente, pour l'essentiel, dans son dernier état historique connu, celui des années 1860, sous le second empire, avec les ameublements et aménagements souhaités par l'empereur Napoléon III et l'impératrice Eugénie. Alors que brillent les derniers feux de la monarchie en France, Fontainebleau est une résidence dans laquelle la famille impériale vient en villégiature avec quelques intimes, en mai et en juin, juste avant l'été.


Place Chatel à Provins, Tour César et clocher de la Collégiale St-Quiriace dans la brume
Après le faste et la luxure de Fontainebleau, le contraste est marquant en arrivant à Provins, une petite ville médiévale encore fortifiée. La température y met même du sien pour rendre le décor encore plus gris et mystérieux. Une brume épaisse enveloppe la ville qui, en ce début novembre est presque déserte. En été, Provins est le théâtre d'importantes fêtes médiévales, comme à Québec; les nobles, les châtelaines et les chevaliers déambulent dans les rues et nous transportent au Moyen-Âge, Provins étant à cette époque un lieu réputé pour sa foire; les marchands venaient de partout pour vendre leurs marchandises. Habillés chaudement, il est agréable d'explorer ses rues étroites et, à chaque détour, de jouir d'un nouvel angle de vue sur la Tour César (le donjon) ou la Collégiale St-Quiriace (connaît pas mais Wikipedia dit que c'est le nom d'un évêque de Jérusalem, mort martyr...!!!). À Provins, nous sommes dans le comté de Champagne et aussi dans la région du fromage Brie; nous avons bien sûr goûté au Brie de Provins... doux, onctueux, délicieux.


Moret-sur-Loing
Le Pont de Moret par Sisley
Un peu au sud de Fontainebleau, on s'arrête à Moret-sur-Loing qui nous a aussi conquis! Cette cité médiévale fortifiée a conservé les traces de son passé : donjon, remparts, portes et collégiale. Là aussi, des impressionnistes s'y sont établis, le plus célèbre étant Alfred Sisley (1839-1899) qui y vécut plus de 20 ans. Un parcours de 18 km à vélo nous a permis de voir différents sites où Sisley a posé son chevalet; certains sites ont gardé tout leur charme et on reconnaît bien l'endroit quand on regarde le tableau de Sisley. Vraiment très intéressant de voir comment ce grand artiste a traduit sur ses toiles les paysages qu'on observe.

La Collégiale de Moret
Le 14 novembre, on rentre sur Paris puisque le 15 nous devons nous présenter à l'Office d'immigration pour obtenir LA vignette qui validera notre visa de long séjour pour la France. Heureusement qu'on avait prévu un peu de marge de manœuvre dans notre horaire, il y a des problèmes dans le métro et le trajet qui devait prendre moins d'une heure prendra plus de 1,5 hre! On arrive à 10h30 pile! Bien nous en fit car la dame à l'accueil n'entend pas à rire... par contre, tout le reste du personnel du bureau est fort sympathique et accueillant. Visite médicale et tout le tralala, 1,5 hre plus tard, la fameuse vignette est collée dans notre passeport !!! ENFIN !!! Mais ce n'est pas fini... le lendemain, de bon matin, Réal doit se rendre à la Préfecture de police pour l'échange de permis de conduire... On vous fait grâce des péripéties, le tout lui prendra un bon 7 heures mais finalement, il l'obtiendra, enfin presque... il lui sera transmis dans 3 semaines par la poste. Quelle diligence l'administration française !



C'est l'aboutissement d'un processus entamé il y a 6,5 mois, le 1er mai... Il fait froid à Paris; les parisiens ont sorti leurs duvets, leurs bonnets et leurs gants; le ciel est gris et le froid mordant.

On fait nos bisous à nos amis Delphine, Laurent, Lucas et Lou-Anne qui nous ont encore une fois accueillis si généreusement chez eux. On met le cap plein sud, il nous reste 5 semaines avant de s'envoler pour la Martinique et nos croisières aux Antilles le 23 décembre.